Il vient d'emménager. Il est nouveau, seul. Lui, non. Voilà ce qui les lie, et les sépare à la fois. Tom, apprend à connaître la ville, tandis que l'autre la connaît dans les moindres recoins. Bill, lui, a déjà sa place dans la fourmilière. Une place bien fixée.
Il est aux alentours de 19h, le 2 septembre. Hier c'était son anniversaire. L'anniversaire à Tom. Il n'a personne avec qui le souhaiter, mais cela lui est égal. Il n'a besoin de personne. Il n'a eu qu'un sms de son meilleur ami, habitant désormais à des milliers de kilomètre de lui. Il ne ressent pas de manque envers lui, il se sent un peu coupable. Il ne devrai pourtant pas. Tout change. Maison de merde, comme il pensait chaque jour depuis qu'il était là, car oui, il n'aime pas l'endroit où il réside désormais. Il en veut à sa mère, elle qui n'a pas regardé à lui pour partir. Elle n'en a rien à faire, bien entendu, puisqu'elle est partie pour rejoindre un homme qu'elle a rencontré sur un site... Qu'elle quittera après avoir déplumé. Comme tous les autres. Tom était assit sur son lit et regardait le sol, fixement. Ce sol marron, boisé. Il détestait tellement cette couleur, mais sa mère n'allait pas prendre la peine de faire en sorte qu'il se sente au moins bien dans sa chambre, peu lui importe. Il se demande comment sera son nouveau lycée. Il y aura de belles filles? Question super importante... Les profs..? Et puis, comment je vais vivre l'interna, moi qui n'a jamais quitté ma maison toute la semaine? Enfin, en étant lucide, il faut le préciser. Oui, vous avez bien lut. Interna. Sa mère n'a pas cherché plus loin que ça, le coller en interna pour avoir la paix! Cela l'arrange un peu ceci dit, il ne devra pas supporter son visage aussi longtemps qu'avant. Il s'allonge dans son lit et croise ses bras sous sa tête. Ferme les yeux, réfléchit à sa nouvelle vie, celle qui s'ouvre désormais à lui. C'est le moment de tout recommencer. Je me fais chier... J'aime autant aller me promener dans la ville, voir le parc. Y'aura peut-être des choses plus intéressantes à faire que de rester allongé comme un blaireau... Il se lève, prend une veste et descend ses escaliers, prend ses clés et sort. La rue est déserte et froide, tant mieux. Il marche en regardant droit devant lui, observant un peu tout autour de lui, à l'affut de chaque endroit qui pourrait lui plaire pour squatter un peu... Il arrive sur la place et un panneau indiquant le parc à 2min à pieds. Il décide de s'y rendre après un temps de réflexion, de toutes façons y'a rien d'autre à faire dans cette ville. Il y entre, le parc est grand, ou du moins le semble. Il s'en fou un peu. Il est fleuri... Même si à cette période les fleurs ont plus tendance à faner qu'autre chose. Il s'avance, s'engouffre dans l'obscurité, il est maintenant 20h, et au mois de septembre, la nuit arrive plus vite. Tom repère un arbre au loin, un saule pleureur. Il décide d'aller sous ses longues branches, sort son mp3, met ses écouteurs, et sa musique à fond. C'est tout de suite mieux. Il ferme les yeux, il s'évade. Des minutes passent, peut-être même une heure, il n'en sait rien, il s'en contrefiche. Il sent une présence derrière lui, sent son oreille se tendre. Il n'y fait pas attention. Il entend des branches craquer à ses pieds, cette fois c'est un bond qu'il fait. Il ouvre les yeux et voit face à lui un jeune homme. Il doit avoir le même âge que lui, vu son visage fin. Il est beau. Oui il est beau. Mais il y a une faille quelque part. Le jeune homme se penche, approche son visage de celui de Tom et le regarde fixement. Cinq secondes. Dix secondes. Trente. Une minute. Tom sent ses joues rosir. Merde. "L'invité", ricane, se relève et part. Sans une parole, mis à part un rire. Un rire qui ne présage rien de bon. Il dégage une aura étrange là où il passe. Tom va très vite s'en rendre compte. Il le regarde s'éloigner, ne dit rien. Il est submergé par l'image de son visage qui tourne dans son esprit. Il n'est pas gay, non. Il sait simplement reconnaître la beauté d'un homme lorsqu'il y en a une. C'est tout. C'est tout... Il laisse trois quart d'heure passer, et se lève et se décide à rentrer. Demain sera une dure journée...